QUAND LES FRUITS CONFITS DEVIENNENT DU GAZ DE VILLE

05 février 2020 à 16h44

Et s'il suffisait d'eau sucrée pour produire du gaz ?
A Apt dans le Vaucluse, de l'eau issue de la fabrication de fruits confits alimente en gaz 4000 habitants.

Tout part de l'entreprise de fruits confits Aptunion. Chaque année, 10.000 tonnes de cerises, d'abricots, de melons et de pastèques sont lavés et rincés dans les trois usines installées à Apt. Mais ces eaux de lavage ont fini par saturer la station d'épuration de l'entreprise. Aptunion a donc investit 4 millions d'euros dans un nouvel outil : un méthaniseur capable de transformer le sucre de l'eau en biogaz. Le premier méthaniseur de ce genre dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. 3000 tonnes de sucre sont ainsi traitées chaque année et deviennent du méthane, autrement dit du gaz de ville.

La cuve chauffée à 30 degrés contient de l'eau, du sucre et des bactéries. La fermentation produit des bulles de gaz qui remontent à la surface. Ces bulles sont ensuite acheminées dans des tuyaux et traitées. Résultat : du biométhane réinjecté dans le réseau de gaz de la ville d'Apt et qui alimente 1000 foyers par an.  L'entreprise Aptunion a réussi le pari de valoriser ses déchets. 80% de l'eau qui ressort du méthaniseur est propre. Il ne reste que 20% d'eau à traiter... une quantité bien plus raisonnable qui ne sature pas la station d'épuration.

La production de biogaz se développe de plus en plus en France. De nombreux agriculteurs sont incités à développer des méthaniseurs à la ferme pour produire du biogaz à partir de déchets agricoles et industriels. L'objectif est de ne plus importer de gaz extraits des sous-sols, dont les stocks s’épuisent et de privilégier la méthanisation à la ferme.

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