Quand le jazz est là…

CLAZZ - contrebasse

C’est à Nantes que tout a commencé…

En 1918, le premier concert de jazz en Europe est donné au Théâtre Graslin.

101 ans plus tard, c’est aussi à Nantes que les premières notes de CLAZZ sont diffusées sur les ondes.


CLAZZ a osé !


L’équipe de cette radio a osé mélanger sur une même antenne musiques classique et jazz !

Vous pensez au choc des cultures ? L’histoire nous montre une toute autre facette…

… Car c’est bien la curiosité qui a conduit des grands compositeurs européens du début XXème à intégrer les prémices du jazz dans leurs partitions : pour Ravel, Satie ou Stravinski, le « ragtime » inventé par les pianistes afro-américains en 1897, faisait déjà tourner les têtes.


Qui a inventé le jazz ? Où a commencé le jazz ?

Laissons-nous une petite marge d’erreur car il est impossible de dater précisément la naissance du jazz tant l’effervescence des quartiers chauds de la Nouvelle Orléans au début du XXème siècle a rapidement conquis l’est américain. Le jazz est né du mélange entre ragtime, blues et… musique classique !

Par contre, tout le monde s’entendra pour localiser son berceau à Storyville, un quartier de la Nouvelle Orléans en Louisiane.

Il faudra attendre fin 1917 et le débarquement en France du groupe Harlem Hellsingers pour célébrer officiellement la mondialisation d’un genre musical qui n’allait pas finir de muter.

Ragtime, bebop, swing, cool jazz, free jazz, jazz fusion … Nous allons tout vous raconter.

Et pendant votre lecture, vous pouvez brancher CLAZZ . Cette radio a justement choisi de montrer à quel point le mariage entre classique et jazz est historique et naturel.

Comment a évolué le jazz ?

Le jazz est donc une musique toute jeune comparativement au classique mais son évolution s’est faite rapidement. Elle est un métissage entre la culture du peuple noir américain, de la culture européenne et des chants d’église. Le Blues fait aussi partie de ses racines.

Comme une grande partie des premiers musiciens jazz jouaient dans de petites fanfares, les instruments de base qui se sont imposés sont les cuivres, les instruments à anches et la batterie. À la fin de la guerre civile, les surplus d’instruments de musique militaire ont permis à plus de musiciens d’obtenir des instruments et c’est à cette époque que les premiers jazz band ont vu le jour. On retrouve d’ailleurs la structure de la marche militaire dans le jazz de cette époque. On trouve aussi des musiciens de formation classique parmi les créateurs du jazz, tel Scott Joplin.

Avec l’arrivée de la Première Guerre mondiale, la libéralisation des coutumes a amené l’ouverture de salles de danses, de clubs et de salons de thé dans les villes. Le public « blanc » découvre et adopte petit à petit des danses telles que le cakewalk et le shimmy. C’est à cette époque que des compositeurs tels Irving Berlin s’essayent au jazz. Sa pièce « Alexander’s Ragtime Band » connu tant de succès qu’on l’entendit jusqu’à Vienne.

Bien sûr la propagation du jazz connut un essor considérable avec l’apparition des phonographes et de radios comme CLAZZ.

Après le ragtime, arrive l’époque du swing qui se déploie du milieu des années 1920 jusqu’aux années 1940. C’est l’époque des big bands. La prohibition de la vente d’alcools aux États-Unis a obligé la fermeture des bars et cabarets légaux au profit de bars clandestins où les amateurs allaient boire et écouter de la musique. Cette période marque l’arrivée de Duke Ellington et son orchestre au Cotton Club ainsi que de Count Basie et son orchestre. Puis nous notons l’apparition du Lindy Hop ou Jitterbug popularité par les big bands blancs comme celui de Benny Goodman. Dans les années 1930, les musiciens importants sont Glenn Miller et Duke Ellington.

C’est dans les années 1940 qu’arrive le bebop, genre qui permet aux musiciens de laisser libre cours à leur virtuosité en réduisant les big bands à de petits groupes. De cette époque, on notera le saxophoniste Charlie Parker, le trompettiste Dizzy Gillespie et le pianiste Thelonious Monk

Le cool jazz, lui, est né auprès des musiciens de la West Coast tels le saxophoniste ténor Stan Getz et le trompettiste Chet Baker mais on peut donner une grande partie de sa paternité au trompettiste Miles Davis qui avait longtemps travaillé avec Charlie Parker et qui a proposé, avec son album «Birth of the Cool», une musique plus apaisée et accessible. En 1959, Miles Davis offrait aussi «King of Blue» qui fera évoluer le genre. Plus récemment, Arthur H rendra un bel hommage avec son titre « cool jazz ».

 Le free jazz s’est développé à la fin des années 1950 avec John Coltrane et Ornette Coleman. Libre comme l’air ! Ses phrases mélodies peuvent être rapidement entêtantes. Malgré cela, le free jazz s’avère moins accessible au grand public et peu diffusé en radio.

Le jazz latin, pour sa part, se décline en deux variétés : le jazz afro-cubain et le jazz de style brésilien ou bossa nova (popularisé par Joao Gilberto et Antonio Carlos Jobim). La bossa nova a remporté un succès planétaire dans les années 1960 avec la chanson «A Garota de Ipanema (The Girl from Ipanema)».

Le jazz fusion propose un mélange de jazz et de rock. Ce genre apparaît vers 1968 avec Miles Davis et Frank Zappa. C’est ici que se classent Chick Corea, Herbie Hancock, the Pat Metheny Group, Weather Report, Magma ou encore Atoll.

Les années 1980 nous offriront entre autres un jazz plus accessible nommé smooth jazz avec des sonorités douces (Diana Krall, Kenny G, Michael Franks).


Les grandes voix du jazz ?

La première qui résonne dans ma tête est Nina Simone et je pourrais aussi citer Ray Charles, Ella Fitzgerald, Cab Calloway, Nat King Cole, Al Jarreau, Shirley Horn… des crooners comme Frank Sinatra, Sammy Davis, Jr, Dean Martin et plus récemment Norah Jones, Melody Gardot, Diana Krall ou Michael Bubblé


Vous pensez que l’histoire s’arrête là ?

Dans les années 80, des quartiers afro-américains se réapproprient leur invention et le bebop rencontre une autre forme de syncope, cette fois-ci vocale. On raconte que le trompettiste de jazz Miles Davis aurait fortement inspiré le rap. Des groupes comme A tribe called Quest, De la Soul, Gang Starr, des artistes comme Guru ou Buckshot le Fonque ont fait prospérer l’héritage. Et le jazz continue de goûter à des nouveaux courants : jazz rap, acid jazz…

Loyle Carner rappe sur du jazz, Oxmo Puccino slame sur du jazz, les collectifs de DJs Nantais C2C ou Hocus Pocus reconstruisent des nouveaux morceaux avec des échantillons de jazz … vous l’aurez compris : Le jazz est vivant, le jazz est festif. Il accueille tous les genres, il inspire tous les grands. Que nous réserve le XXIème siècle ?

 

Au travail, en voiture ou à la maison, CLAZZ joue les grands standards du jazz, des musiciens de toutes les époques, de tous les genres du jazz et s’ouvre à tous les mélomanes.

Du jazz au classique, il n’y a qu’un pas et qu’une radio. Connaissez-vous la belle histoire de la musique classique ? Je vous la raconte ici…